Guide pratique

Que faire quand un client ne paie pas ? Guide complet pour les TPE/PME

Mis à jour le 20 août 2026| Par Maître Yankel Bensimhon, Avocat au Barreau de Paris| 10 min de lecture
← Retour au blog

💡 L'essentiel en une page : nos 4 recours quand un client ne paie pas — et comment décider (créances ≥ 10 000 € HT : audit immédiat en ligne, mise en demeure d'avocat sous 24 h une fois le dossier complet).

Un client qui ne paie pas, c'est une menace directe pour votre trésorerie

En France, un quart des défaillances d'entreprises sont directement causées par des impayés. Pour une TPE ou une PME, une seule facture impayée de 10 000 € ou plus peut suffire à déséquilibrer l'ensemble de l'activité. Pourtant, beaucoup de dirigeants attendent trop longtemps avant d'agir — par peur de froisser le client, par méconnaissance des recours disponibles, ou simplement parce qu'ils ne savent pas par où commencer.

Ce guide vous présente, étape par étape, les leviers qui existent dès qu'une facture n'est pas réglée à son échéance — et, pour chacun, pourquoi il porte davantage lorsqu'un avocat l'exécute. Du premier rappel amiable jusqu'à la procédure judiciaire, chaque levier est expliqué clairement, avec ses avantages, ses limites et ses coûts réels. Il concerne les créances B2B d'au moins 10 000 € HT — en dessous de ce seuil, le coût d'une procédure absorbe l'essentiel de la créance.

La règle d'or : agir vite. Plus vous attendez, plus le recouvrement devient difficile. Un débiteur qui ne paie pas à 30 jours ne paiera pas miraculeusement à 90 jours. La célérité de votre réaction conditionne directement vos chances de succès.

Étape 1 — La relance amiable : rapide mais limitée

La première démarche est la relance amiable. Elle peut prendre plusieurs formes : un email de rappel, un appel téléphonique, ou un courrier simple. Son objectif est de vérifier qu'il ne s'agit pas d'un simple oubli ou d'un problème technique (facture égarée, changement de contact chez le client).

Quand effectuer la relance amiable ?

Idéalement, dès le lendemain de l'échéance. Ne laissez pas s'écouler 15 ou 30 jours supplémentaires avant d'agir. Un premier rappel par email suivi d'un appel téléphonique dans la semaine constitue une bonne pratique.

Ses limites

La relance amiable n'a aucune valeur juridique. Elle ne fait pas courir les intérêts de retard, ne constitue pas une mise en demeure et n'oblige pas le débiteur à répondre. Si votre client est de mauvaise foi — ce qui est souvent le cas lorsque le retard dépasse plusieurs semaines — la relance amiable n'aura aucun effet. Il faudra alors passer à l'étape suivante.

Pour mieux comprendre quand basculer, lisez notre article : Mise en demeure vs relance amiable : quand passer à l'étape supérieure ?

Étape 2 — La mise en demeure : le vrai déclencheur juridique

La mise en demeure est l'acte juridique qui marque le basculement officiel dans la procédure de recouvrement. C'est un courrier formel qui :

  • Constate officiellement l'inexécution de l'obligation de paiement.
  • Fixe un délai précis pour régulariser (généralement 8 à 15 jours).
  • Fait courir les intérêts de retard légaux si ceux-ci n'ont pas déjà commencé à courir.
  • Constitue un préalable souvent nécessaire avant toute procédure judiciaire.
  • Démontre votre bonne foi si le litige arrive devant un juge.

Mise en demeure simple ou mise en demeure par avocat ?

Une mise en demeure envoyée par le créancier lui-même reste souvent lettre morte : le débiteur sait qu'elle n'engage à rien de concret. Un courrier signé d'un avocat inscrit au Barreau de Paris change sa lecture du dossier : vos droits ont été vérifiés, le montant réclamé est juridiquement fondé, et la procédure judiciaire n'est plus une hypothèse lointaine mais l'étape suivante, déjà préparée.

Au Cabinet Bensimhon, la mise en demeure est rédigée par un avocat et envoyée en LRAR sous 24h, après un audit gratuit qui vérifie que votre créance la justifie. Dans 30 % des cas, elle suffit à obtenir le paiement sans procès.

Votre client ne répond plus à vos relances ? Vérifiez si c'est recouvrable.

Avocat au Barreau de Paris. Audit gratuit de votre dossier sous 1h : on vous dit si votre créance est recouvrable et quelle action engager. Réservé aux créances B2B ≥ 10 000 € HT.

Ma créance est-elle recouvrable ?

Étape 3 — Négocier un échéancier : quand le débiteur est de bonne foi

Lorsque votre débiteur reconnaît la dette mais fait face à des difficultés de trésorerie temporaires, un protocole d'accord transactionnel peut être une solution pragmatique. Plutôt que de basculer aussitôt dans une procédure judiciaire longue et coûteuse, votre avocat négocie un plan de remboursement sur plusieurs mois — en position de force, dans la foulée de la mise en demeure.

Attention : un simple accord verbal ne suffit pas, et un échéancier improvisé par email ne vaut guère mieux. Un protocole rédigé par avocat est signé des deux parties et verrouille les points qu'un débiteur habile laisse volontiers dans le flou :

  • Le montant total de la dette reconnue (principal + éventuels intérêts).
  • L'échéancier précis avec les dates et montants de chaque versement.
  • Une clause résolutoire : en cas de non-respect d'un versement, la totalité du solde devient immédiatement exigible.
  • Idéalement, une reconnaissance de dette séparée facilitant l'exécution forcée en cas de défaillance.

Étape 4 — L'injonction de payer : la procédure judiciaire la plus rapide

Si la mise en demeure n'a pas suffi et que la négociation est impossible ou a échoué, il est temps d'engager une procédure judiciaire. Pour les créances certaines, liquides et exigibles — ce qui est le cas de la plupart des factures impayées — l'injonction de payer est la voie la plus adaptée.

Comment ça fonctionne ?

Votre avocat dépose une requête au greffe du tribunal compétent (le tribunal de commerce pour les litiges entre professionnels). Le juge statue seul, sur pièces, sans audience : tout se joue sur la qualité du dossier, et une requête incomplète est rejetée — des semaines perdues. Si la créance est bien documentée, le juge rend une ordonnance portant injonction de payer, exécutoire dès sa délivrance, signifiée au débiteur par commissaire de justice. À l'expiration du délai d'opposition d'un mois après la signification, votre avocat peut engager les saisies.

En l'absence d'opposition, la procédure dure généralement 8 à 14 semaines. Pour en savoir plus : Injonction de payer : procédure, coûts et délais en 2026.

Étape 5 — L'exécution forcée : saisir les biens du débiteur

Une fois le titre exécutoire en main, votre avocat mandate et pilote un commissaire de justice pour procéder à des mesures d'exécution forcée — le choix de la mesure dépend de ce que l'on sait du patrimoine du débiteur :

  • Saisie-attribution : blocage du compte bancaire du débiteur à hauteur du montant dû — la mesure la plus rapide et la plus efficace.
  • Saisie des véhicules et du matériel professionnel : saisie des biens mobiliers corporels.
  • Inscription d'hypothèque judiciaire : sur les biens immobiliers du débiteur.

Avant d'examiner les erreurs à éviter, voici la synthèse des cinq étapes et de ce que chacune apporte :

Étape Quand agir Portée juridique
1. Relance amiable Dès le lendemain de l'échéance Aucune valeur juridique ; permet de vérifier un simple oubli
2. Mise en demeure par avocat (LRAR) J+15 si les relances ont échoué Fait courir les intérêts de retard ; préalable souvent nécessaire à la procédure judiciaire
3. Échéancier (protocole d'accord) Débiteur de bonne foi en difficulté de trésorerie temporaire Écrit signé des deux parties, avec clause résolutoire
4. Injonction de payer J+30 si la mise en demeure n'a pas abouti Ordonnance exécutoire dès sa délivrance ; 8 à 14 semaines en l'absence d'opposition
5. Exécution forcée (saisie-attribution) J+90, une fois le titre exécutoire obtenu Blocage du compte bancaire du débiteur à hauteur du montant dû

Les erreurs à éviter absolument

Attendre trop longtemps

La prescription des créances commerciales est de 5 ans en droit français. Mais chaque mois qui passe réduit vos chances de recouvrement : le débiteur peut se retrouver en liquidation judiciaire, ses actifs dispersés, ses comptes vidés. Agissez dans les 30 à 60 jours suivant l'échéance impayée.

Ne pas constituer un dossier de preuves solide

Les juges statuent sur pièces. Si vous ne pouvez pas prouver l'existence de la créance (contrat signé, bon de commande, bon de livraison, factures) et la tentative amiable préalable, votre dossier sera affaibli. Archivez systématiquement tous vos échanges écrits avec vos clients.

Envoyer la mise en demeure en courrier simple

Un courrier simple ne prouve pas que le destinataire l'a reçu. Une mise en demeure part toujours en LRAR (lettre recommandée avec accusé de réception) : l'accusé de réception signé est une preuve irréfutable devant un juge. Pour tout comprendre sur ce sujet : LRAR physique vs LRAR électronique : quelle valeur devant un juge ?

Accepter des promesses verbales indéfiniment

"Je règle la semaine prochaine"... Ces promesses sans lendemain font perdre un temps précieux. Si votre débiteur est sérieux dans sa volonté de payer, il acceptera de signer un échéancier écrit.

Ce que dit la loi : vos droits en matière d'impayés professionnels

  • Pénalités de retard : applicables de plein droit entre professionnels dès le lendemain de l'échéance. À défaut de stipulation aux CGV, le taux est celui de la BCE (refinancement) majoré de 10 points, soit 12,40 %/an au 2e semestre 2026. Un taux conventionnel plus avantageux peut être prévu aux CGV, sans pouvoir être inférieur à 3 fois le taux légal (soit 8,25 % au S2 2026).
  • Indemnité forfaitaire de 40€ pour frais de recouvrement : due automatiquement par tout débiteur professionnel en retard (article L.441-10 du Code de commerce).
  • Clause pénale : si vos CGV prévoient une clause pénale, vous pouvez en réclamer le bénéfice.
  • Article 700 du CPC : en cas de procédure judiciaire, le juge peut condamner le débiteur à rembourser tout ou partie de vos frais d'avocat.

Pour tout savoir sur les taux et le calcul des intérêts : Intérêts de retard légaux 2026 : calcul, taux et comment les réclamer.

Récapitulatif : le calendrier d'action recommandé

J+1

Premier rappel par email

Email courtois rappelant l'échéance dépassée et demandant confirmation du règlement imminent.

J+7

Deuxième relance + appel téléphonique

Combinez un second email de relance avec un appel téléphonique. Notez la date et le contenu de la conversation.

J+15

Mise en demeure par avocat en LRAR

Si les relances sont restées sans effet satisfaisant, transmettez le dossier à votre avocat pour mise en demeure immédiate. C'est le seul acte qui fait vraiment bouger les débiteurs de mauvaise foi.

J+30

Injonction de payer ou négociation

Si la mise en demeure n'a pas abouti, votre avocat engage la procédure d'injonction de payer — ou rédige un protocole d'accord si le débiteur propose un plan de remboursement sérieux.

J+90

Exécution forcée

Une fois le titre exécutoire obtenu, votre avocat mandate un commissaire de justice pour procéder à une saisie-attribution sur les comptes bancaires du débiteur.

FAQ — Questions fréquentes sur les clients qui ne paient pas

Quel est le taux de défaillances d'entreprises causé par les impayés en France ?

Un quart des défaillances d'entreprises sont directement causées par des impayés. Pour une TPE ou PME, une seule facture impayée de 10 000 € ou plus peut déséquilibrer l'ensemble de l'activité.

Quand faut-il envoyer une mise en demeure après une facture impayée ?

Idéalement à J+15 après l'échéance si les relances amiables n'ont pas abouti. Ne laissez pas s'écouler plus de 30 jours sans action. La mise en demeure est le seul acte qui fait bouger les débiteurs de mauvaise foi.

Quel est le délai de prescription des créances commerciales ?

5 ans en droit français (article L.110-4 du Code de commerce). Agissez dans les 30 à 60 jours suivant l'échéance impayée pour maximiser vos chances de recouvrement.

La relance amiable a-t-elle une valeur juridique ?

Non. Elle ne fait pas courir les intérêts de retard, ne constitue pas une mise en demeure et n'oblige pas le débiteur à répondre. Seule la mise en demeure formelle produit des effets juridiques.

Votre dossier est-il recouvrable ? Faites le point sur vos recours.

Avocat au Barreau de Paris. Audit gratuit de votre dossier sous 1h : on vous dit si votre créance est recouvrable et quelle action engager. Réservé aux créances B2B ≥ 10 000 € HT.

Ma créance est-elle recouvrable ?
Besoin d'agir ?

Un avocat au Barreau de Paris audite gratuitement votre dossier sous 1h et vous dit si votre créance est recouvrable. Vérifier mon dossier →